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Le départ inopiné au quai : l'accident le plus grave de la logistique, et comment documenter la cale

Un camion qui part pendant que le chariot est encore dans la remorque. Deux causes, un dispositif, et une caméra de quai qui peut prouver, chaque jour, que la cale est en place.

Par Oussama Messai Publié le 14 juillet 2026 4 min de lecture Read this post in English
Quai de chargement vu par une caméra fixe, remorque à quai

Un chariot entre dans une remorque pour charger la dernière palette. Le conducteur du camion, qui croit le chargement terminé, démarre. Le chariot et son cariste tombent du quai. Ce scénario, le départ inopiné, figure parmi les accidents les plus graves de la logistique française d’après les statistiques de la CNAM et les retours d’expérience de l’INRS, tels que les rapporte une conférence donnée à Préventica Lyon.1

Il a un cousin plus discret, le glissement de la remorque : sous les allers-retours du chariot, un véhicule non calé recule de quelques centimètres, puis de quelques dizaines, jusqu’à ce que le pont de liaison décroche. Même chute, sans que personne n’ait démarré quoi que ce soit.

Deux causes, un dispositif

La conférence est claire sur la prévention : les deux causes sont le départ prématuré et le glissement, et la réponse est mécanique, un bloqueur de roue ou une cale, complétée par une procédure d’échange de clés ou de feux de quai.1 Rien de cela n’est nouveau. La plupart des sites ont des cales. La question qu’un responsable HSE ne peut pas trancher depuis son bureau est plus simple et plus inconfortable : la cale est-elle en place, à chaque camion, à chaque quai, aujourd’hui ?

Entre la consigne et la pratique, il y a le rythme d’un quai à 7 h du matin, le transporteur pressé, le cariste intérimaire de la semaine, et la cale posée contre le mur « parce que le camion repart dans cinq minutes ».

Ce qu’une caméra de quai voit déjà

Presque tous les quais sont filmés, pour la sûreté et les litiges de livraison. La même caméra voit la remorque, ses roues, la cale, et le pont de liaison. Elle ne sait pas que ces objets forment une situation à risque. Camly lui apprend à vérifier une phrase écrite par le site :

État écrit avec le siteCe que l’agent vérifieCe qui sort
« Quai 3 : camion présent, cale en place »Une remorque à quai sans cale visible à la roueAlerte avec image, heure, quai
« Pont de liaison engagé seulement si cale en place »Pont abaissé et cale absenteÉpisode daté, avec sa durée
« Aucune remorque non calée depuis plus de deux minutes »Persistance de l’étatLigne dans le rapport du mois, par quai

Le détail compte : l’état s’écrit avec le site, parce que chaque quai a sa géométrie, son type de cale, sa caméra. Une tâche réglée sur le quai 3 ne vaut pas pour le quai 7 sans qu’on l’ait regardé.

La frise du quai comme preuve

Ce que produit Camly, c’est une frise par quai : chaque remorque, l’heure d’arrivée, le moment où la cale apparaît, le moment où le pont est engagé, la durée éventuelle sans cale. Après un mois, le site sait combien de fois la cale a manqué, sur quels quais, à quelles heures, avec quels transporteurs en face. Ce n’est plus une impression, c’est une récurrence.

C’est cette récurrence qu’on inscrit au DUERP, qu’on présente au CSE, et qu’on montre à l’assureur ou à l’inspection comme preuve que la consigne est suivie, ou que les écarts sont vus et corrigés. C’est aussi ce qui permet d’aller voir un transporteur avec des dates plutôt qu’avec un reproche.

Ce que Camly ne fait pas

  • Camly ne bloque pas la remorque. Le bloqueur de roue, la cale et la procédure de clés le font. L’agent vérifie que le dispositif est là, il ne s’y substitue pas.
  • Une vérification périodique attrape ce qui dure : la remorque non calée pendant un chargement. Elle n’intercepte pas un démarrage à la seconde près, et nous ne le promettons pas.
  • Les constats portent sur un quai et des objets. Le cariste et le chauffeur ne sont pas identifiés, les images conservées sont floutées, et aucun indicateur n’est produit par personne.

Par où commencer

Choisissez les deux quais les plus chargés de votre site, vérifiez que leur caméra voit la roue arrière de la remorque, et écrivez avec votre équipe la phrase qui décrit un quai sûr. Trente jours plus tard, vous aurez la frise de chaque camion et le nombre de fois où la cale a manqué. C’est le périmètre d’un pilote Camly, et c’est le genre de chiffre qui change une réunion de CSE.

Sources

  1. Préventica Lyon, conférence Norsud sur les quais de chargement et de déchargement : causes du départ inopiné et du glissement, dispositifs de blocage de roue, statistiques CNAM et retours INRS. preventica.com (PDF)