Au-dessus de la ligne des sprinklers : l'audit de l'assureur, un jour par an contre tous les jours
L'assureur dommages audite quatre états que vos caméras voient en permanence : allée coupe-feu, hauteur de stockage, zone de charge, issue de secours. Lui, un jour par an. Vous, tous les jours.
Un réseau de sprinklers est calculé pour une hauteur de stockage. Au-dessus de cette hauteur, l’eau n’atteint plus le feu assez tôt, ou n’atteint pas le bon endroit. C’est pourquoi la distance entre le haut des palettes et les têtes de sprinklers figure dans les prescriptions ICPE, dans les contrôles de l’inspection, et dans l’audit annuel de l’assureur dommages.1
Et c’est pourquoi c’est l’une des non-conformités les plus faciles à créer sans le vouloir. Un pic d’activité, un rack plein, un cariste qui pose une palette sur le dernier niveau « juste pour la journée », et la ligne est franchie. Rien ne sonne. Rien ne s’arrête. Le site est hors prescription pendant quelques heures, parfois quelques semaines, sans que personne ne l’ait décidé.
Ce que l’assureur audite, et ce que la caméra voit
Les états que le contrôleur de l’assureur passe en revue sont connus, et ils sont peu nombreux :
- l’allée coupe-feu dégagée sur toute sa largeur ;
- la hauteur de stockage sous la distance de dégagement des sprinklers ;
- les combustibles tenus à l’écart de la zone de charge des batteries ;
- les issues de secours libres.2
Ce sont exactement des états : visibles sur une image fixe, persistants, qui apparaissent et disparaissent. Autrement dit, exactement ce qu’une caméra de plafond ou d’allée voit toute la journée, et ce que des vérifications périodiques peuvent suivre sans qu’on ait besoin de reconnaître qui que ce soit.
| État audité | Ce qu’il faut pour le constater | Ce que Camly produit |
|---|---|---|
| Hauteur de stockage | Une caméra qui voit le dernier niveau du rack et le marquage | Épisodes « stockage au-dessus du marquage », par allée, avec durée |
| Allée coupe-feu | Une caméra d’allée | Épisodes d’obstruction, par heure de la journée |
| Zone de charge | La caméra qui couvre les chargeurs | Épisodes « combustibles dans la zone », avec image |
| Issue de secours | La caméra de la porte | Épisodes d’obstruction, récurrence par semaine |
Un jour par an
L’audit a lieu un jour par an, annoncé. Le site se prépare : on dégage, on redescend les palettes, on repeint les marquages. L’auditeur voit un entrepôt conforme et le note. Les 364 autres jours restent une inconnue, pour lui comme pour le responsable du site.
Ce n’est pas une critique de l’audit. C’est la limite d’une méthode par échantillon. Le problème, c’est qu’un incendie ne choisit pas le jour de l’audit.
Ce que coûte le risque
La base ARIA du BARPI recense 207 événements impliquant des entrepôts de matières combustibles entre 2009 et 2016, soit environ 25 par an, avec un incendie dans 82 % des cas ; le BARPI précise que ce recensement n’est pas exhaustif.3 Rapporté aux 4 432 entrepôts de plus de 5 000 m² de l’époque, notre étude de marché en déduit une probabilité d’au moins 0,57 % par site et par an.2
Avec un coût moyen d’incendie d’entrepôt estimé autour de 1,5 million d’euros, la perte annuelle attendue, arrêt d’activité compris, se situe autour de 17 000 euros pour une plateforme et 8 500 euros pour un site de taille moyenne.2 Ces chiffres sont des estimations de l’étude, à valider en pilote. Ils ne disent pas qu’un entrepôt brûle tous les ans. Ils disent qu’un site qui tient ses quatre états conformes dans la durée réduit un risque dont le coût unitaire dépasse de loin ce qu’il dépense en prévention.
Ce qu’il faut montrer à l’assureur
Une photo de l’allée prise la veille de l’audit prouve l’état de la veille. Un historique d’épisodes prouve autre chose : la conformité des zones incendie dans la durée, les tendances d’un trimestre à l’autre, et le taux de clôture des actions correctives.2
Concrètement, le rapport que Camly génère sur la période choisie contient, pour l’assureur, les indicateurs par zone incendie, l’évolution du nombre et de la durée des épisodes, et le suivi des actions. C’est un document que le responsable HSE peut remettre sans le reconstruire à la main, et que le contrôleur peut lire en dix minutes.
Ce que Camly ne fait pas
Camly n’est pas un système de détection d’incendie et ne remplace ni le système de sécurité incendie, ni les sprinklers, ni le calcul de leur dimensionnement. Il n’intervient pas en temps réel : il constate des états qui durent, et les documente. Il ne mesure pas la hauteur au centimètre : il vérifie, sur l’image, si le stockage dépasse le repère que vous avez défini. Il ne surveille pas les caristes : les constats portent sur une allée et un état, et les personnes sont floutées sur les images conservées.
Par où commencer
Prenez le dernier rapport d’audit de votre assureur. Les remarques y portent presque toujours sur l’un des quatre états ci-dessus. Choisissez celui qui revient, trouvez la caméra qui le voit, et suivez-le pendant trente jours. Au prochain audit, vous aurez autre chose qu’une photo.
Sources
- Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, « Prévention des risques industriels : l’État mène une vaste opération coup de poing sur le risque d’incendie dans les entrepôts », mis à jour le 16 septembre 2025 : points contrôlés, dont la hauteur de stockage par rapport aux sprinklers. prefectures-regions.gouv.fr
- Camly AI, étude d’adéquation au marché, entrepôts français, octobre 2026 : section « Incendie et assurance dommages » (probabilité par site, coût moyen, perte annuelle attendue, états audités par l’assureur) ; estimations de l’étude, à valider en pilote.
- BARPI / ARIA, accidentologie des entrepôts de matières combustibles 2009–2016. aria.developpement-durable.gouv.fr