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incendie · conformité · ICPE

Sept situations que vos caméras voient déjà, et qu'un inspecteur relève une fois par an

En 2025, l'État a contrôlé 279 entrepôts d'Auvergne-Rhône-Alpes sur le risque incendie : 80 % présentaient des non-conformités. La plupart sont visibles sur les caméras déjà en place.

Par Oussama Messai Publié le 10 octobre 2026 6 min de lecture Read this post in English
Mosaïque de caméras d'un entrepôt : quais, allées, zone de charge, issue de secours

À l’été 2025, les services de l’État en Auvergne-Rhône-Alpes ont mené ce que la préfecture a elle-même appelé une « opération coup de poing » sur le risque d’incendie dans les entrepôts. Le bilan tient en trois chiffres : 279 sites contrôlés, des non-conformités dans 80 % d’entre eux, 16 mises en demeure.1 L’année précédente, les incendies représentaient 72 des 132 accidents industriels recensés dans la région.1

Ces chiffres ne décrivent pas des sites négligents. Ils décrivent ce qui se passe dans un entrepôt ordinaire entre deux visites : une palette posée « cinq minutes » devant une issue, une allée coupe-feu grignotée par le surstock de fin de mois, un rack rempli au-dessus de la hauteur autorisée, des cartons rangés à côté des chargeurs de chariots. Chacune de ces situations est un état du site, qui dérive dans la journée et se corrige en quelques minutes. Et chacune est dans le champ d’une caméra qui existe déjà.

Ce que les inspecteurs cherchent

La campagne 2025 visait en priorité les entrepôts de moins de 50 000 m³, soumis à déclaration ou enregistrement, les moins suivis par l’administration.1 Les points contrôlés sont ceux de l’arrêté du 11 avril 2017 et des prescriptions ICPE classiques :

  • dégagement et signalisation des issues de secours ;
  • largeur et continuité des allées de circulation et des allées coupe-feu ;
  • respect de la hauteur de stockage par rapport aux sprinklers et aux parois ;
  • séparation des zones de charge de batteries et des matières combustibles ;
  • absence de stockage extérieur contre les façades ;
  • accessibilité des moyens de secours (RIA, extincteurs, poteaux incendie, voies engins).

Un rapport d’inspection publié sur Géorisques, pour un site déjà sous mise en demeure préfectorale, note des issues de secours obstruées et propose une amende administrative.2 Ce n’est pas un cas rare. C’est le cas typique : l’état constaté le jour de la visite, sans que personne sur le site n’ait pu dire depuis combien de temps il durait.

Viviez : la cause était sur les enregistrements

Le 17 février 2024, un entrepôt brûle à Viviez, dans l’Aveyron. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI) publie son rapport en mai 2025. La cause la plus probable, écrit-il, est l’emballement thermique d’une batterie portable stockée dans un contenant plastique. Et il le sait parce qu’il a visionné les enregistrements vidéo du site.3

Les caméras voyaient. Personne ne regardait. La preuve a servi à l’enquête, pas à la prévention.

À Grand-Couronne, le 16 janvier 2023, le scénario est voisin : des batteries lithium-métal-polymère stockées en rack, un flash vu par le personnel, un emballement thermique qui emporte ensuite le stock.3 Là encore, les conditions de stockage des premières minutes sont exactement ce qu’une caméra de zone enregistre toute la journée.

Sept situations visibles sur une caméra ordinaire

SituationCe que l’inspecteur relèveCe que la caméra voit
Issue de secours obstruéeDégagement non assuré, signalisation masquéeUne palette, un transpalette ou un chariot devant la porte
Allée coupe-feu réduiteLargeur inférieure à la prescriptionDes palettes au sol dans l’allée, pendant des heures
Stockage au-dessus de la hauteurNon-respect de la distance aux sprinklersDes palettes posées sur le dernier niveau ou au-dessus du marquage
Combustibles en zone de chargeMélange charge de batteries et matières combustiblesCartons, film plastique, palettes bois à côté des chargeurs
Stockage extérieur contre la façadeRisque de propagation vers le bâtimentPalettes vides, bennes et emballages accumulés le long des murs
Moyens de secours masquésRIA ou extincteur inaccessibleUn stock devant l’armoire rouge
Porte coupe-feu calée ouverteCompartimentage inopérantLa porte maintenue ouverte par un objet, toute la journée

Aucune de ces situations ne demande de reconnaître une personne. Aucune ne demande une caméra neuve. Elles demandent qu’on regarde la bonne zone, régulièrement, et qu’on garde une trace de ce qu’on a vu.

Ce que change le fait de regarder pendant que le site existe encore

Camly se branche sur les caméras existantes d’un site et vérifie, à intervalles réguliers, un petit nombre d’états que vous définissez en langage courant : « l’issue de secours B est dégagée », « l’allée coupe-feu 3 fait sa largeur », « aucun combustible dans la zone de charge ». Quand l’état n’est plus conforme, le site reçoit une alerte avec l’image, l’heure et la caméra. Quand il redevient conforme, l’épisode se ferme, et l’historique reste.

Ce qui en sort n’est pas un flux vidéo de plus. C’est une preuve de prévention : combien de fois l’issue B a été obstruée ce mois-ci, pendant combien de temps, à quelles heures, et combien de temps il a fallu pour la dégager. C’est la matière dont le document unique a besoin, et c’est ce qu’un responsable de site peut montrer à un inspecteur, à un assureur ou à un CSE sans attendre la prochaine visite.

Trois précisions, parce que l’honnêteté vaut mieux qu’une promesse :

  • Camly n’est pas un système de détection incendie et ne remplace pas le SSI, les sprinklers ni l’alarme. Il regarde les états qui précèdent le feu, pas le feu.
  • Camly ne fait pas d’identification de personnes. Les constats portent sur une zone et un état, et vont dans le DUERP, jamais dans un dossier individuel.
  • Une vérification périodique n’est pas un flux analysé en continu. Elle attrape ce qui dure, c’est-à-dire précisément ce qu’un inspecteur relève.

Par où commencer

Prenez le dernier rapport de visite de votre site, ou la dernière check-list interne. Les non-conformités qui reviennent sont presque toujours des situations de la table ci-dessus. Choisissez-en trois, trouvez les caméras qui les couvrent, et regardez-les pendant trente jours. C’est exactement le périmètre d’un pilote Camly.

Sources

  1. Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, « Prévention des risques industriels : l’État mène une vaste opération coup de poing sur le risque d’incendie dans les entrepôts », mis à jour le 16 septembre 2025. prefectures-regions.gouv.fr
  2. Géorisques, rapport d’inspection ICPE constatant des issues de secours obstruées sur un site sous mise en demeure préfectorale. georisques.gouv.fr
  3. BEA-RI, rapport sur l’incendie de l’entrepôt SOPAVE à Viviez, 17 février 2024 (mai 2025) ; BEA-RI, rapport sur l’incendie de l’entrepôt Highway France Logistics 8 à Grand-Couronne, 16 janvier 2023 (mars 2025). igedd.developpement-durable.gouv.fr, rapport Grand-Couronne (PDF)