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La vague de réception : des allées bloquées à six heures du matin, et pourquoi c'est un problème de sécurité avant d'être un problème d'exploitation

Chaque matin, la zone de réception déborde dans les allées. Tout le monde le sait. Ce qui manque, c'est la preuve, la durée et la récurrence pour en faire une action.

Par Oussama Messai Publié le 19 août 2026 5 min de lecture Read this post in English
Zone de réception d'un entrepôt le matin, palettes au sol débordant dans l'allée

Il est six heures. Trois camions déchargent en même temps, la zone de réception est pleine, et les palettes suivantes sont posées là où il reste de la place : dans l’allée de circulation, puis dans l’allée coupe-feu, puis devant l’issue de secours du fond. À huit heures, tout est rangé. À l’heure où le responsable HSE passe, l’allée est impeccable.

Ce scénario n’est pas une anomalie. C’est le fonctionnement normal d’un entrepôt dont la zone de réception est dimensionnée pour la moyenne, pas pour le pic. Et c’est pour cela qu’il est difficile à corriger : chaque intervenant le voit comme un problème d’organisation, temporaire, déjà résolu quand on en parle.

« Ce que je n’ai pas, c’est la preuve »

Un responsable HSE d’une plateforme logistique nous l’a dit ainsi : « Je sais que l’allée est encombrée tous les matins. Ce que je n’ai pas, c’est la preuve, la durée et la récurrence pour en faire une action. »1

La phrase résume le problème. Pour obtenir une zone de réception plus grande, un créneau de livraison décalé ou un transpalette supplémentaire, il faut convaincre un responsable d’exploitation que le coût de l’encombrement dépasse le coût de la correction. Et pour cela, un ressenti ne suffit pas. Il faut un nombre.

Pourquoi c’est un problème de sécurité d’abord

Une allée encombrée à six heures n’est pas qu’un retard de mise en stock. Pendant qu’elle l’est :

  • l’allée coupe-feu n’a plus sa largeur, ce que l’inspection et l’assureur contrôlent ;2
  • l’issue de secours du fond est masquée, précisément au moment où le site est le plus peuplé ;
  • les caristes et les piétons se croisent dans un espace réduit, avec des palettes au sol qui masquent la visibilité ;
  • les chariots contournent l’obstacle par des voies qui ne sont pas prévues pour eux.

Lors de la campagne régionale de 2025, les allées de circulation et les allées coupe-feu figuraient parmi les points contrôlés, et 80 % des 279 sites visités présentaient au moins une non-conformité.2 L’inspecteur, lui, ne vient pas à six heures. Le risque, si.

Ce que montre la relecture d’une journée

Dans Camly, deux tâches suffisent pour couvrir la vague de réception : « l’allée coupe-feu 3 est dégagée sur toute sa largeur » et « l’issue de secours B est libre ». Chacune est vérifiée à intervalles réguliers sur la caméra qui voit la zone. Quand l’état n’est plus conforme, un épisode s’ouvre ; quand il l’est à nouveau, il se ferme.

La relecture de la journée affiche ces épisodes sur une frise. Dans la démonstration de la plateforme, l’épisode de 10 h 20 à 10 h 33, quatorze minutes, apparaît avec ses images, parmi les onze vérifications signalées dans la journée.1 Sur un mois, la même frise, cumulée, donne le tableau qui manquait au responsable HSE :

QuestionRéponse que donne l’historique
L’allée est-elle encombrée tous les matins ?19 jours sur 22 ouvrés, entre 5 h 50 et 7 h 40
Combien de temps ?48 minutes en moyenne, 1 h 35 au maximum, le lundi
Est-ce lié aux livraisons ?Les épisodes les plus longs coïncident avec les jours à trois camions et plus
L’action a-t-elle marché ?Durée moyenne ramenée à 12 minutes après le décalage du créneau du lundi

Les chiffres ci-dessus sont un exemple de ce que produit l’historique, pas une mesure publiée. Ce qui compte, c’est la forme : une récurrence par heure de la journée, une durée, et une comparaison avant et après.

De la plainte à l’action

Avec la récurrence par heure, la discussion change de nature. Il ne s’agit plus de rappeler les consignes aux équipes de nuit. Il s’agit de dimensionner la zone de réception sur le pic observé, de décaler un créneau de livraison, ou d’ajouter un transpalette entre six et huit heures. Ce sont des décisions d’exploitation, et elles se prennent sur des durées mesurées.

Pour aller un cran plus loin, Camly peut, en option, recevoir des informations de votre logiciel de gestion d’entrepôt ou de prise de rendez-vous quai : un camion attendu au quai 3 à 10 h, par exemple.1 L’agent sait alors ce qui est prévu, et l’historique peut distinguer un encombrement lié à une livraison planifiée d’un encombrement qui ne l’est pas. C’est un complément, pas un prérequis.

Ce que Camly ne fait pas

Camly ne gère pas les quais et ne remplace pas votre système de gestion d’entrepôt. Il ne suit pas les caristes ni les réceptionnaires : les constats portent sur une allée, une issue et un état, et les personnes sont floutées sur les images conservées. Il n’intervient pas en temps réel. Il mesure ce qui dure, et le rend visible à ceux qui décident.

Par où commencer

Choisissez l’allée ou l’issue qui déborde le plus souvent le matin, et la caméra qui la voit. Trente jours de pilote suffisent à obtenir la frise, la récurrence et la durée. Après, la demande de moyens n’est plus une impression : c’est un tableau.

Sources

  1. Camly AI, plaquette « Entrepôts », édition pilote, octobre 2026 : témoignage d’un responsable HSE de plateforme logistique, relecture de la journée (épisode de 10 h 20 à 10 h 33), intégrations optionnelles avec les logiciels de gestion d’entrepôt et de rendez-vous quai.
  2. Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, « Prévention des risques industriels : l’État mène une vaste opération coup de poing sur le risque d’incendie dans les entrepôts », mis à jour le 16 septembre 2025. prefectures-regions.gouv.fr